Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout (suite)

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout  (suite)
Une large clairière s'ouvrait devant Lybaëlle. Bordée d'un ru aux flots irréguliers reflétant le moindre rayon , elle resplendissait d'une lumière mordorée. En son centre, se dressait fièrement un rocher haut, à la base ronde, fendu d'une profonde entaille. La jeune fille se demanda dans un premier temps si cette pierre n'avait pas été taillé puis posé en ce lieu, ce devint une évidence lorsqu'elle caressa la roche du bout des doigts : elle était si lisse ! Elle observa enfin l'entrée : un gouffre sombre, tel une bouche béante, qui s'enfonçait jusqu'à la vieille oracle, jusqu'aux réponses à ses questions. D'un pas assuré, elle pénétra dans la grotte, puis disparut dans les ténébres, comme avalée. La moindre lueur semblait absorbée par l'obscurité de l'endroit. Lybaëlle avançait à l'instinct, incapable de se repérer autrement : la fraîcheur de l'escalier sur sa peau lui indiquait brièvement le chemin. Lentement, elle se laissa sombrer dans cette interminable marche ignorant le temps et l'espace, guidée par des brides de sensations éphémères. Puis, petit à petit, ses perceptions lui revinrent. Elle se trouvait dans une immense salle de marbre noir. Murs, sol et plafond lui renvoyait son image tels un miroir ; cependant, elle était déformée. Le reflet qu'elle apercevait ne lui semblait pas être le sien, c'était comme si elle voyait travers les yeux de quelqu'un d'autre. Elle avait l'air si jeune, si fragile ; mais elle savait qu'elle était forte, ce que cette image ignorait. Elle continua, la tête haute, sans faire attention à son propre regard bleu qui la suivait.
Elle avança dans cette pièce glaciale, sombre et silencieuse, pendant ce qui lui sembla des heures. À vrai dire, perdue dans ses pensées, elle aurait pu errer ainsi l'éternité durant. Elle songea à ce reflet, celui de son visage pâle qui rayonnait dans l'obscurité, à son expression enfantine et à son sourire insouciant. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas sourit de cette manière : chaleureusement, les lèvres fermées, dévoilant de superbes fossettes. Elle avait grandi depuis. Mais était-ce suffisant pour les épreuves qui l'attendaient ? Etait-elle réellement prête à assumer les responsabilités qui lui avaient été confiées ? Peut-être pas... Et le problème était là ! Elle hésitait. Plus les minutes s'écoulaient, plus elle ressentait l'irrépressible besoin d'en parler à quelqu'un. N'importe qui ! Mais quelqu'un qui serait à même de la comprendre et de l'aider... Etait-il alors réellement de s'adresser à la vieille oracle ? Assurément non. Elle avait des amis pour ça ! Vérala... C'étaient ses conseils qui lui seraient vraiment utiles. Au diable prédictions et autres révélations ! Lybaëlle découvrirait tout par elle-même, entourée de ses proches. Peut-être qu'elle n'agissait de la sorte que pour se donner un semblant de choix, mais elle en avait décidé ainsi ; et cette fois-ci, elle était sûre d'elle. Lorsque, enfin, tous ses doutes furent oubliés, elle aperçut le fond de la salle. Désormais, seule la curiosité la poussait à aller de l'avant. Et une envie irréprésible de pénétrer dans la seconde cavité qui s'ouvrait à elle l'envahit.
Cette nouvelle grotte n'était pas plus naturelle que la première, bien qu'en tout point différente. Creusée profondement, elle était bien plus agréable. Une lumière douce et chaude était dispersée dans chaque recoin. Une tendre mélodie semblait émaner des murs de cristal pur et, résonnait sans toutefois perdre de son harmonie. La musique tourbillonnait, telle une valse et, emprisonna bientôt le coeur de Lybaëlle, qui la ressentait comme une récompense. Elle devina que cette antichambre célébrait le courage des Elfes rendant visite à Celle-Qui-Voit-Tout. Une bravoure qui dans bien des cas devait être infinie... Lentement, les notes s'évanouirent... Le grincement de la pierre à droite agressa les oreilles de la jeune fille : une des parois s'écartait, laissant la place à un environnement qui lui était familier. Le ciel était chargé de nuages menaçants. Le vent soufflait, amplifiant les vagues qui roulaient à la surface de la Mer des Alizées. Le Pic trônait fièrement, en maître imperturbable, bien qu'il fut encore assailli de milliers de jets d'écume. Le pont branlant restait encore intact, malgré toutes les tempêtes qu'il avait eu à essuyer. Ce paysage était le même que dans ses souvenirs. Bien sûr, elle n'était pas revenue à Vraren, mais comtempler à nouveau l'horizon de ce point de vue emplissait son coeur d'une joie et d'une mélancolie inimaginable. Bientôt, elle remarqua qu'elle n'était pas seule. Une jeune femme se tenait à la place qu'elle avait l'habitude d'occuper auparavant. Elle s'engagea sur le pont d'un pas assuré, évitant les planches qui craquaient d'ordinaire, comme elle l'avait toujours fait. Puis elle s'approcha de cette étrange inconnue. Se pouvait-il qu'elle soit l'oracle ? Elle avait l'air si jeune... La magie bien sûr ! La Vrarenienne s'arrêta à quelques pas d'elle. La femme lui tournait le dos, ses longs cheveux noirs ondulaient, berçés par le vent. Un son s'élevait dans les airs, celui d'une flûte. Cette musique encore ! Que signifiait-elle ? La musicienne se retourna, cessant soudain de jouer. Ses yeux violets transpiraient d'une sagesse irrélle, d'une expérience que seuls des siècles d'existence peuvent apporter. Elle sourit tristement. Lybaëlle était impresionnée par son visage parfait et son expression si sereine. Cette femme, malgré son apparence était agée ! Elle ne pouvait être que Celle-Qui-Voit-Tout.

# Posté le samedi 02 août 2008 16:23

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Chers lecteurs,
je m'excuse de ne pas poster la suite. Je ne suis pas sure de la mettre de nouveau en ligne. Pour l'instant, je suis très prise par mes études et, mes projets en ce qui concerne ce roman m'incitent à agir ainsi. Je vous remercie de l'attention que vous avez porté à mon roman et j'espère qu'un jour vous le lirez en entier, sur papier...
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# Posté le dimanche 26 avril 2009 07:40