bonne lecture...
De longues heures étaient passées depuis le disparition soudaine d'Olal, mais Lybaëlle ne s'était toujours pas remise des révélations du Vekstian. Le dernier regard, si soutenu, qu'il avait adressé à Vérala, n'avait pas échappé aux yeux de l'adolescente, confirmant ainsi les doutes qui germaient petit à petit dans son esprit depuis son départ de Vraren : la guérisseuse lui cachait quelque chose. Lybaëlle ignorait, bien entendu, la teneur de l'information (ou des informations) dissimulées, mais elle certaine de deux choses: ça la concernait et c'était important.
L'ambiance urbaine, qui, le matin, avait tant plu à la jeune fille, semblait désormais érintante, si bien qu'elle ne voulait plus rester en ville. Les voix de crécelles des marchandes lui cassaient les oreilles, les couleurs criardes des tissus occidentaux avaient fini par lui donnait mal à la tête, les odeurs délicieuses de la matinée l'écoeuraient, et enfin, la multitude de citadins, plus stupides les uns que les autres, l'exacerbaient. Ses sens à vif trahissaient sa fatigue et son agacement. De plus le fait que la guérisseuse l'ignore depuis qu'elles avaient quitter la ruelle ne calmait pas sa colère, elle était hors d'elle!
« Ça ne peut plus continuer comme ça! S'exclama bientôt Lybaëlle Quand allez-vous enfin me dire ce que vous cachez depuis notre départ? Si vous croyez que je vais continuer à vous suivre aveuglement, vous vous mettez le doigt dans l'oeil! Il va falloir passer à table, et maintenant!
-Il ne faut pas t'énerver ainsi. Répondit calmement Vérala. Pourquoi donc crois-tu que je te dissimule quelque chose?
-Ne me prenez pas pour une idiote, Vérala! J'ai vu le regard que vous a lancé Olal avant de partir, et il me semble que jusqu'à présent, votre comportement envers moi n'était pas celui d'une personne entièrement sincère! Je me trompe?
-Malheureusement, non... J'admet ne pas avoir été toujours honnête avec toi, je comprend tes soupçons et je sais ce que tu ressents... Il n'est néanmoins pas l'heure de te divulguer tout ce que je sais. Tu le saura tôt ou tard. Mais pour l'instant, j'ai bien d'autres choses à t'apprendre... »
*****
« Vous m'avez fait demandé, vôtre Altesse? La sueur dégoulinait du crâne chave du capitaine, il savait sa vie en grand péril...
-Oui, Francis. Tu sais parfaitement ce que je pense de ton échec?
-Oui, votre Altesse. Le capitaine, déjà agenouillé s'inclinait de plus en plus en signe de soumission
-Dans ce cas, tu n'es pas sans savoir la fureur dans laquelle je suis plongé? S'il était furieux, le roi ne laissait rien transparaître.
-Oui, votre Majesté. La tête de Francis touchait à présent le marbre froid qui couvrait la salle du trône...
-Tu sais aussi que donner une deuxième chance n'est pas dans mes habitudes?
-Oui, votre Altesse. Son coeur battait à tout rompre...
Tu connais alors le châtiment que je réserve à ceux qui m'ont déçus?
-Oui,...
-Quel est-il?
-La mort, votre Altesse.
-C'est bien... le coeur du capitaine allait exploser. Mais aujourd'hui, je vais bafouer mes propres règles..
-La générosité et la bienveillence de votre Altesse sont sans limite...
-Tais-toi dont, imbécile! Tu ne dois la vie sauve qu'à tes résultats passés!
-Evidemment, votre Majesté...
-Ta tâche sera la même que la dernière fois: capture la fille et rammène la moi! Tu as jusqu'à demain soir. D'après plusieurs témoins, elle traîne dans les rues de Tholgor accompagnée d'une guérisseuse.
-Bien, votre Altesse.
-Mais ne crois pas que tu t'en tireras sans dommages, n'oublies pas que tu m'as mis en colère... Gardes, emmenez-le aux cachots! Le bourreau l'attends...
-Non! Pitié, mon roi!hurla le capitaine
-Francis, tu apprendras bien assez vite que je suis sans pitié quand quelque chose me déplaît... »
Le militaire hurla longtemps encore en étant trainé de force vers les sous-sols du palais, ne cessant de répéter que la fille ne lui échapperait pas cette fois-ci...



