[Mais bientôt ce ménagemant pris fin, et sa terreur ressurgit alors qu'elle arrivait dans les ténèbres de la première pièce. Un désagréable frisson lui parcourru le long du dos sous l'effet de la peur. Cette terreur faisait battre son coeur à la chamade, et pas après pas, sa vision d'Elfe se dégradait, puis elle ne vit plus rien. Elle connu alors la seule peur qui soit, celle de l'inconnu, ce que même les sens acérés des Elfes ne peuvent deviner. Quand elle se reconnue une fois vaincue apr l'obscurité, une chaleur bienveillante se répandit dans tout son corps. Elle voguait, glissant sur un lac de cristal noir, au grés des pouvoirs ondoyants et colériques cachés dans cette caverne. Puis ses sens lui revinrent, elle distingua alors tout ce qui s'était jusqu'alors dérobé à son regard. La pièce semblait comme au crépuscule des âges, ou au commencement des temps, sobre et vide, brillant d'une ombre translucide, comme un miroir profond des ténèbres. La jeune Elfe vit son image dans les reflets mordorés qui émanait de la pierre, mais elle ne ressemblait en rien à l'idée qu'elle se faisait d'elle-même. Elle avait bien les mêmes cheveux de bronze sombre tombant en cascade sur ses épaules et ses yeux avaient bien leur couleur vert d'eau, mais le pâle portrait qu'elle entrevoyait était triste et perdu, son visage n'avait jamais été aussi blanc et ses yeux pleuraient comme ils ne l'avaient jamais fait. Entre ses mains froides, elle tenait un magnifique diadème d'argent ouvragé aux formes de longues feuilles et fleurs entremêlées et ornées d'émeuraudes et de jaspe. La haute couronne de la reine des Elfes, ayant autrefois appartenu à sa défunte mère, se brisait entre ses doigts. Refoulant ses larmes devant cette morbide apparition, elle continua son douloureux chemin, connaissant désormais la teneur des nouvelles qu'allait lui annoncer l'Ancienne.
La salle suivante, contraorement à celle qu'elle venait de quitter, était d'une clarté aveuglante. Les murs étaient couverts d'un crystal transparent, jouant avec la lumière issue d'une toute petite ouverture au plafond de la cavité. Un océan de turquoise, que constituait le pareterre bleu, réhaussait le tout. Au centre, luisait une grande fontaine d'argent, d'où dégoulinait des gouttes d'or. Ce luxe était la récompense à la bravoure dont avait fait preuve celui qui était arrivé jusque là. L'Elfe ne l'éprouvait pas ainsi, mais elle saurait enfin la vérité...
A sa droite, un pan de mur s'écarta, et la jeune femme entra dans un lieu totalement différent de celui qu'elle venait de quitter. Elle retrouva cette clairière qu'elle avait tant aimée des années auparavant. C'était celle de ses souvenirs d'enfance les plus chers, là où elle avait joué avec les animaux, là où elle avait prit conscience de ses pouvoirs, et de son amour pour ce monde et ceux qui le peuplent. Seule subsistait une légère différence. Cette musique douce et légère, cette voix fluette et ce corps enfantin assis sur le tronc de l'enfant qu'elle avait été. C'était Celle-Qui-Voit-Tout, mais où elle attendait une vieille et sage femme, la jeune Elfe trouva une simple gamine à la chevelure d'un violet intense et aux grands yeux noirs et rieurs, toute pétillante de vie. La flûte s'arrêta et la voix enfantine, réjouie, résonna:
« Princesse Evaëlle!Depuis le temps que je t'attends!
-J'ai enfin trouvé le courage...
-Et dieu sait qu'il t'en faut, mon enfant. Cette fois son ton était plus posé, on ressentait enfin la sagesse de l'hermite. Ne me regardes pas comme ça, Evaëlle. Malgré ce qui t'attend, ton destin sera grand, bien qu'accompli malheureusement trop vite...
-Je crains de ne pas avoir tout saisi.
-Eh bien moi, je pense le contraire. Seulement, te mentir à toi même te semble la solution rêvée. Tu souhaite simplement l'entendre de ma propre bouche, mais je ne te le dirais que quand tu aura admis la vérité, ce que les Tous-Puissants ont choisi pour toi. Maintenant, je t'écoute.
-Je vais...mourir?
-Oui, mon enfant. Ta mort sera glorieuse et plus que necessaire, mais ne t'inquiètes pas, jamais tu ne sosuffrira. Physiquement, je veux dire... Beaucoup te pleurerons et te vénèrerons, ils seront tous aussi nombreux à admirer ton courage et à te considérer comme la plus illustre des Elfes.
-Qu'adviendra-t-il de ceux que j'aime?
-Ils combattrons chaque jour le chagrin, mais ils comprendrons rapidement.
-Et Roamil?
-Je sais que tu le prenais pour ton élu, mais en réalité tu bn'étais pas la sienne. Je ne dis pas par là qu'il ne t'a pas aimée, bien au contraire, mais il ne connaît pas encore celle qui deviendra sa moitié...
-Puis-je savoir qui elle est?
-J'aimerais pouvoir te répondre, mais ma vision est floue. Peut être n'est elle pas encore venue au monde. Je sais seulement qu'elle sera une femme belle et puissante, et qu'elle l'aimera autant que toi tu l'a aimé, sinon plus.
-Merci. Dit Evaëlle, une larme au coin de l'oeil. Une dernière question.
-Oui, mon enfant?
-Ces dieux dont vous parlez tout le temps? Ce sont ceux des humains, ils existent? Ai-je raison d'y croire alors que tous ceux de notre race les renient?
-Cela fait de nombreuses questions, Princesse. Sourit l'Oracle, amusée. Tout ce que je puis avouer, c'est que les Elfes sont bien trop souvent narcissiques au point de ne pas se rendre compte des véritables pouvoirs qui règnent sur la Terre, ils sont bornés et auveugles. Nous sommes à part Evaëlle, tu peux y croire, la vie n'existerait pas sans la croyance et l'espoir. Quand l'espoir n'est plus permis, on peut, à juste titre, se rabattre sur la croyance... » Puis out s'estompa, la vieille-enfant se volatilisa, laissant derrière la clairière si famillière aux yeux d'Evaëlle.