Chapitre 7 : Prisonniers (premières partie)

Chapitre 7 : Prisonniers (premières partie)
Un vent frais soufflait dans les cheveux de Lybaëlle. Il venait du nord et de ses étendues glacées, des Maudites, blanches comme la neige, qu'on apercevait au loin derrière l'immensité des plaines. La jeune oracle fit encore jouer ses sens, mais comme depuis la veille, elle ne trouva aucun signe des mercenaires qui les suivaient depuis Tholgor. Elle ne pouvait croire que trois voyageurs peu entraînés aient pu semer une compagnie de cinquante soldats si facilement, il se tramait quelque chose. Mais quoi ? Francis et Vérala y réfléchissaient déjà depuis un moment, sans toutefois trouver de réponse. Désormais, il leur faudrait compter sur le hasard et leurs pressentiments, à moins que les ennuis resurgissent rapidement. Et c'était la possibilité la plus logique, les sbires du roi, ces misérables chasseurs de prime avaient un plan bien précis ; ils avaient tout mis en oeuvre de manière inéluctable, afin que quoiqu'ils fassent, où qu'ils aillent, les trois malheureux compagnons étaient piégés. Mais l'esprit de Lybaëlle était bien loin de tout ça, plongé dans l'incertitude : depuis quelques jours, les révélations d'Olal avaient réinvesties ses songes. Elle allait jusqu'à en rêver la nuit, mais elle gardait tout cela pour elle, c'était trop personnel pour qu'elle en parle. Chaque soir elle espérait que ces cauchemars l'abandonne, chaque soir ils revenaient la hanter. Elle priait pour retrouver la paix dès qu'elle atteindrait Imlyris, cependant, le chemin était encore long. Ils n'avaient pas encore dépassé le Couloir, une avancée rocheuse périlleuse, que nul voyageur circulant dans la vallée Sgana ne pouvait éviter. Ce Couloir donnait directement sur le Sanctuaire, un endroit Sacré planté d'un grand saule et d'une centaine de statues de pierres dont la jeune fille ignorait, comme chaque humain, la signification. Mais il présentait aussi l'endroit le plus propice que Francis n'ait jamais vu en ce qui concerne l'élaboration d'une embuscade parfaite. Les fuyards devaient alors le traverser le plus rapidement possible et s'arrêter dans le Sanctuaire où la magie elfique interdisait tout affrontement.

Après un dernier sur l'horizon, Lybaëlle soupira et vint s'asseoir auprès de ses amis. Depuis qu'ils avaient quitté la capitale, elle avait changé d'avis à propos de l'ancien capitaine. Alors qu'autrefois elle se serait volontiers passé de sa compagnie, elle lui semblait désormais indispensable et bien plus que sympathique. Elle devait même s'avouer qu'elle s'était prise d'affection, au même titre que sa guérisseuse, pour ce grand homme qui avait vécu tant de malheurs. Il leur avait raconté les difficultés de son enfance dans les quartiers pauvres de Dratz, puis la mort de sa mère alors qu'il n'avait jamais connu son père. Son engagement dans la marine quand il n'avait que de douze ans, puis son service auprès du roi, toutes les batailles qu'il avait endurées, les tortures qu'il avait subies, le meurtre de sa fiancée vingt auparavant. Il avait ainsi démontré aux deux jeunes femmes la haine qu'il avait secrètement portée au roi pendant tout le temps qu'il avait appartenu à sa garde ; et par la même occasion, il leur avait fourni une raison supplémentaire de lui faire confiance: ils avaient un ennemi commun. Et à ce moment-là, leur ennemi ne leur avait jamais semblé aussi présent. Le silence qui s'imposa entre eux était lourd de sens. Ils devaient traverser le Couloir aujourd'hui, ou mourir des mains des mercenaires du tyran, mais il fallait qu'ils tentent leur chance.

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 08:43

Modifié le mardi 26 février 2008 08:02

Chapitre 7: Prisoniers (deuxième partie)

Chapitre 7: Prisoniers (deuxième partie)
Les trois amis étaient nerveux, rongés par l'anxièté. Ils chevauchaient depuis de longues heures déjà et il n'y avait toujours rien à l'horizon. Lybaëlle en était désormais plus que certaine, quelque chose clochait.
« C'est un piège. Déclara soudain Francis. À tous les coups, ils vont essayer de nous encercler alors que nous traverserons ce maudit Couloir !
- Pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt? S'enquit la guérisseuse. C'était pourtant évident. Nous aurions pu l'éviter!
- Non, Vérala. Même si nous nous en étions rendu compte plus tôt, il n'existe qu'un seul chemin pour rejoindre le pays des Elfes. Et ce chemin passe par le Couloir. De toute façon se doit faire un moment qu'ils sont là, donc nous n'aurions pas non plus pu traverser avant leur arrivée. Nous y étions condamnés... Affirma Lybaëlle. En plus, ils ont dû nous voir nous approcher maintenant.
- C'est ce que je pense aussi, jeune fille. Annonça l'ancien capitaine. Nous ne bénéficirons plus de l'effet de surprise, mais nous devons passer, par tous les moyens. Cela exclut bien entendu le combat. A dix-sept contre un, c'est du suicide et ils vous veulent vivantes.
- Mais, toi, ils n'hésiteront pas à te tuer! Rétorqua Vérala.
- Peut-être, mais peu m'importe...
- Comment ça peu t'importe? Hurla la jeune femme sous l'air ébahi de ses deux compagnons. Ça ne m'importe pas moi! Je croyais qu'on en avait déjà parler... C'est hors de question. Tu fais demi-tour!

- Et où irais-je ? Ma place est ici, auprès de vous, auprès de toi... je ne partirais certainement pas. »
Lybaëlle les observait d'un oeil inquiet. Elle savait que ses deux compagnons s'étaient rapprochés au cours du long voyage, mais elle ne se doutait pas de l'importance dont ces liens témoignaient.
« Je ne peux pas te laisser nous accompagner, Francis. J'en suis désolée...
- Il ne faut pas l'être, ma douce. De toute façon, je viens. Je coopèrerai, ils n'auront pas besoin de faire couler le sang.
- Je ne peux me résoudre à prendre un tel risque. Je ne peux pas me permettre de jouer ainsi avec ta vie. Je t'aime, Francis!
- Je sais. Je t'aime aussi, Vérala. Et, moi, je ne peux me résoudre à vous laisser partir seule, toutes les deux. Mais, maintenant, assez discuté. Ma décision est irrévocable je vous accompagne. Ecoutez-moi bien: j'ai un plan... » Il leur expliqua brièvement et leur donna quelques consignes. Tout ce passerai à merveille, les soldats ne reconnaîtraient que son uniforme...

# Posté le vendredi 18 janvier 2008 17:48

Chapitre 7: Prisoniers (troisième partie)

Chapitre 7: Prisoniers (troisième partie)
Ils avaient répété une bonne partie de la nuit. Chacun savait ce qu'il avait à faire sur le bout des doigts, ils étaient fin prêts. Francis était fier du travail accompli par ses deux protégées : il ne ressemblait plus en rien à l'homme qu'il étit encore la veille. Plus grand, plus musclé, son crâne autrefois chauve était couvert d'une forêt de cheveux blonds ondulants jusqu'à sa nuque. Une illusion camouflait sa véritable apparence. Sous le sort, il parraissait plus jeune, avec des traits délicats, un visage allongé et deux yeux brillaient d'un éclat vert. Un sourire radieux étirait ses lèvres en parfait état, alors qu'il cheuvauchait devant les deux jeunes femmes, tenant les longes de leurs montures de sa main droite. Toutes deux semblaientpitées. La tête baissée et les bras liés par magie derrière le dos, elle jouaient leur rôle merveilleusement. Ils avançaient d'un pas lent vers l'immense Couloir, ce chemin étroit et sinueux qui serpentait entre deux hautes falaises. Au sommet de ces dernières, le renégat vit des ombres bouger, des archers. Il s'arrêta et sortit de sa poche un mouchoir blanc, qu'il se mit à agiter lentement de gauche à droite en signe de reddition. Les guerriers apparurent, abaissant leurs armes, tandis que l'autre moitié de la Compagnie royale encerclait ses prisoniers.

# Posté le lundi 21 janvier 2008 13:48

Capitre 7 : Prisonniers (suite)

Capitre 7 : Prisonniers (suite)
Un après-midi chaud commençait. La jeune oracle et sa guérisseuse étaient enfermées dans une prison de fortune, les membres encore entravés ; tandis que leur compagnon avait droit à la tente du chef. Francis lui contait depuis le matin l'histoire qu'ils avaient récité la nuit durant. Il se présenta comme le cadet d'un petit noble, ainsi qu'il l'avait prévu, venu chercher l'aventure en rejoignant les armées des frontières nord, des terres qu'il connaissait que très peu. Alors qu'il était encore à mi-chemin, le jeune homme, installant son camp de nuit dans une forêt inhabitée, s'était aperçu qu'il y avait des mouvements dans les bois. Des chevaux, lui confirma plus tard son enquête.
Il s'approcha des trois voyageur
s jusqu'à entendre leurs chuchotements. C'est à ce moment-là qu'il perçu une bride de la conversation murmurée, un mot plutôt qu'une bride. Un mot qui parlait à tous ceux qui avaient visité une contrée civilisée ces dernières semaines : l'Elue. Il s'était alors rappelé quelque légende contée par un vieil ivrogne dans un bar de Tholgor, un scribe de la Tour de l'Oracle. Il récitait des vers d'une prophétie elfique, puis déclara avoir vu trois fuyards correspondant à la desciption des criminels recherchés sortir des appartements de son maître. Aucun des hommes présents ne l'avaient cru. « Pas même moi ». avoua alors Francis. Mais le renégat imposteur expliqua qu'il s'était rendu compte qu'il avait eu tord. Le récit du vieillard saoul correspondait et, les personnes les plus recherchées du pays se trouvait actuellement sous ses yeux. Il n'avait pas pu laisser passer une telle occasion de rentrer chez son père riche et célèbre, admiré de tous.
Francis décrit la scène avec vraisemblance. Toute la troupe de soldats s'était ammassée autour de lui pour écouter son histoire. Il mima chacun des gestes que les militaires attendaient d'un homme brave en de telles circonstances, du moment où il avait dégainé son épée, au moment où il avait porté au seul homme le coup fatal, sous le regard apeuré des deux femmes. L'homme à demi-mort s'était alors traîné dans un fleuve près duquel le camp était situé, jurant à vive voix que jamais personne ne pourrait profiter de sa mort. Le jeune homme ne sachant pas nager n'avait pas osé s'aventurer dans les eaux sombres et tourbillonnantes et, de ce fait, n'avait pas pu ramener la tête de l'affreux renégat. Les soupçons que pouvaient avoir les membres de la compagnie s'atténuaient de minutes en minutes, mais les questions continuaient à fuser, plus part envie de savoir que part manque de confiance. Le vieux commandant ne pouvait que se dire que l'histoire, tout à fait plausible, était la pure et simple vérité. Cependant, il ne fut que réellement conquis, lorsque le nouveau venu annonça que l'homme qu'il avait vaincu n'était pas seulement le plus coriace qu'il avait rencontré, ni le plus fou, mais il était surtout le plus laid ! C'était un borgne chauve, dont l'oeil d'un bleu perçant l'avait, dans un premier temps, totalement paralysé.

# Posté le vendredi 08 février 2008 17:55

Chapitre 7 : Prisonniers ( fin )

Chapitre 7 : Prisonniers ( fin )
Ce petit manège dura quelques jours. Les voyageurs ne devaient pas rester trop longtemps dans le camp militaire. Surtout depuis qu'un messager était partir avertir le roi de la belle prise qu'avait ammenée un jeune homme valeureux. Il était désormais temps d'accomplir la seconde partie du plan ; cette partie dont l'issus était tout sauf certaine. Il fallait fuir, tout simplment et, par tous les moyens. L'évasion se déroulerait de nuit, Francis viendrait chercher les deux captives quand l'heure arriverait. Et bientôt l'heure arriva...
Lyb
aëlle somnolait sous l'oeil attendri et bienveillant de Vérala. La guérisseuse repensait à tous les progrès de sa jeune protégée depuis leur départ de Vraren, mais aussi à tout le long chemin qui lui restait à parcourir. Elle n'avait encore aucune idée des responsabilités qui lui incombaient. Elle était encore qu'une jeune fille innocente que le Mal frapperait bien trop tôt. Mais elle serait toujours là pour elle, prête à l'aider, quoiqu'il puisse arriver dans l'avenir. Vérala soupira bryamment et la porte s'ouvrit. Il était temps de filer vers un avenir noir... Lentement, le renégat secoua Lybaëlle. Ses grands yeux bleus s'ouvrirent, elle savait que c'est l'heure de partir, depuis des jours elle n'attendait que ça. Doucement les trois amis quittèrent la prison de fortune et se dirigèrent vers les écuries d'un pas peu assuré, mais personne ne pouvait les entendre, tous les gardes dormaient. La nuit était calme et silencieuse. Il n'y avait pas un bruit. Même les cheveux se tenaient là, devant eux sans même bouger, comme pétrifiés. Les fuyards en détachèrent trois et les sellèrent rapidement. Ils allaient partir quand soudain des sifflements entourèrent le campement : des flèches !

# Posté le lundi 25 février 2008 10:34