Chapitre 8 : Le dernier des Douze

Chapitre 8 : Le dernier des Douze
Le souffle court, Ambre regardait son jeune guide galoper comme un jeune bouquetin auclairde lune sur les versants abruptes de la montagne. Cette satannée montagne aux sentiers caillouteux et aux éboullis roulant fréquemment sous les pieds de la femme. Cette ascension était la plus pénible de toute celle qu'elle avait eu à faire et, dieu sait qu'elle avait dû souffrir pour escalader la Mère Maudite et fuir le palais du Maître Démon. Cette fois, il n'y avait ni neige, ni affreuses créatures derrière elle, mais son assurance de jadis s'était envolée, brisée par tous les échecs auquels elle avait dû faire face. Le temps aussi s'était écoulé, elle avait veillit. En apparence, elle avit toujours le visage de ses vingt ans, mais son regard transpirait d'une sagesse triste que seuls les plus âgés oeuvent atteindre. Elle se sentait faible et trahie. Après tant d'années, qui aurait cru que ceux en qui elle avait confiance, ceux qu'elle avait aimé auraient pu ainsi se retourner contre elle ? Même les Elfes si froids et orgueilleux, si égoïstes et intolérants l'avaient mieux traitée; elle la fille d'un démon, non du Démon.
« Madame ? Quelque chose ne va pas ? S'inquièta son jeune guide
.
- Je vais bien, mon enfant, ne t'en fais pas
. Je vais me reposer ici quelques instants et nous reprendrons notre chemin.
- Qu'il en soit ainsi. Décl
ara le jeune homme s'assayant auprès d'elle ».
Ils restèrent assis un lon
g moment. Ambre repensa à tout ce qu'elle avait subi. Des souvenirs si vieux et si boulversants lui revinrent en mémoire. Bientôt, elle enfouit son visage au creux de ses mains et laissa des larmes chaudes s'écouler librement le long de ses joues roses.
« Ne pleurez, Madame. Ils ne valent pas une
seules de vos larmes. Ce ne sont que des traîtres infâmes qui ne tarderons pas goûter à fil de ma lame pour vous avoir fait tellement souffrir !
- Je te remercie, mon enfant. Quel est ton nom ?
- Shi
i, Votre Grandeur.
- Il n'y a plus de Votre Grandeur, Shii. Je
ne suis plus rien.
- Je n'en crois pas un mot. Pour moi, vous
êtes toujours la souverraine de cette île, et tant que je vivrais, ma mission sera de vous protégez. Et soyez certaine que, moi, je ne faillirai jamais à ma parole.
- Je le sais Shii,
et je t'en serais éternellement reconnaissante. Je te dois la vie.
- Vous aurie
z fait la même chose pour moi !
- Je l'espèr
e de tout coeur, mon garçon. Dis, tu as quel âge ?
- 18 ans, M
adame. Depuis deux semaines.
- Oh, tu es un homme à présent. J
e suis désolée de t'avoir traité comme un enfant.
- Ce n'est r
ien, j'y suis encore habitué. Vous savez, on ne croise pas grand monde lorsqu'on vit dans les montagnes. Et puis, d'après ma mère, je ne suis encore qu'un jeune garçon et j'ai toute la vie pour devenir un homme.
- Elle a sans doute raison. J'ai un
e fille, moi aussi. Elle doit être à peine plus jeune que toi. Mais je n'en suis plus sûre, je ne l'ai jamais connue. Je l'ai lâchement abandonnée à son père. Tout ce que je souhaite, c'est qu'elle ne me resselble pas.
- Moi, j'espère que si ! Amb
re lança à Shii un regard à la fois choqué et interrogateur. Je ne voulais pas vous offenser. Veuillez m'excuser, mais j'espère qu'elle vous ressemble trait pour trait. Ce serait dommage que vous ne lui aillez pas transmis votre incroyable beauté, ou au moins la couleur de vos cheveux. Ambre sourit, observant d'un oeil doux une ses mèches cuivrées.
- Mer
ci, Shii. C'est bien la première fois depuis des mois que quelqu'un parvient à me faire sourire. Je t'en suis doublement reconnaissante. J'aurais aimé trouver un homme comme toi quand j'étais jeune, et je souhaite la même chose pour ma fille. Malgré ma lacheté, je n'ai jamais cessé de l'aimer, de tout mon coeur, tout comme son père.
- Qui est-il ?
- Taralion, l
e roi des Elfes.
- Cette jeune fille est alors l
a plus importante du monde !
- Oh oui, et bien plus que tu ne le crois... »
B
ientôt, ils reprirent leur pénible marche vers le sommet, seulement éclairés par quelques rayons de lune. Ambre était épuisée, mais il fallait continuer, sans s'arrêter. De nombreux hommes devaient être sur leurs talons et, leur longue pause avait énormément réduit leur avance. Les heures défilaient et les pensées de l'ancienne souveraine se concentraient uniquement sur un petit visage, aux grands yeux bleus, celui de sa fille, telle qu'elle avait connue. Un pied devant l'autre, ne voyant plus que le bleus de ces yeux rieurs, Ambre parvint à rester debout. Shii finit par s'arrêter. Ils se tenaient devant un immense château, ou plutôt devant d'immenses ruines. Ce bâtiment avait dû être une spelendeur parmi les splendeur de l'époque. Construit de pierres tailles d'une teinte claire, presque blanche, il avait spuremment brillé de mille éclats au soleil. Il n'y avait plus de porte, mais l'espace vide de l'entrée laissait présager qu'elle était gigantesque, à l'image de ce palais. Shii entra et Ambre, fascinée, le suivit rapidemment. À l'intérieur, tout avait été de marbre et d'or. Il était aisé de le deviner, bien qu'il n'en restât plus grand chose. Sans hésiter, Shii longea le couloir et pénétra dans une pièce sur la gauche. On distinguait grâce à la faible lumière nocture les traces d'antiques peintures. Mais la souveraine déchue ne pu s'attarder dessus, Shii avait déjà continué son chemin à travers le magnifique château. Dans un coin sombre, il sauta sur la première marche d'un ancien escalier que l'on pouvait atteindre. Il aida Ambre à grimper. Lorsque ils furent assez loin du début de l'escalier, Shii leva les bras aussi heut qu'il put et incanta dans une langue étrangère à Ambre. Cette dernière entendit de nombreux cris derrière elle. Shii venait de tuer de nombreux hommes pour la protéger, mais avant qu'elle n'eu dit un mot, le jeune homme lui attrappa la main et la tira vers l'avant. Elle ne pouvait plus se retourner. La lumière dissipa les ténèbres dans lesquelles étaient plongées les dernières marches. Ambre se précipita dehors, respirant l'air frais à pleins poumons : elle détestait par dessus tout l'obscurité. En fait, elle en avait peur. Shii barricada la sortie. Pour tout justification, il murmurra : « il en viendra d'autres ». Ambre hocha la tête et regarda autours d'elle. Ils étaient coincés, perchés sur la plus haute tour du bâtiment. Le coeur battant à la chamade, elle plongea ses yeux dans ceux de Shii. Ce pouvait-il qu'un être aussi adorable l'ai également trahit ? Mais ses bras l'attirèrent contre lui. Il lui carressa les cheveux et saisit son visage à deux mains, posant un délicat baiser sur ses lèvres. Impuissante, elle le laissa faire. Mieux elle le lui rendit, l'embrassant fougueusement, avant de se blottir au creux de se épaules.
« Je suis dé
solé, dit le jeune homme. Je ne voulait pas, mais... Je ne sais pas, je n'ai pas pu m'en empêcher. Il tomba à genoux. Votre Grandeur, je vous impore de me pardonner. Ambre lui tendit la main et l'aida à se relever.
- je te l'ai déjà dit, S
hii. Il n'y a pas de Votre Grandeur. Il y a juste Ambre. Mais tu n'as pas à t'excuser, tout est de ma faute, j'en avait tellement envie. Elle porta les mains à son cou, défit un de ses colliers et le tendit au garçon. Garde-le, c'est de sa faute, j'en suis désolée.
- Comme
nt peut-il être la cause de ce baiser. Vous perdez la raison, Madame ! C'est tout simplement que depuis que je vous ai vu, je ne puis m'empêcher de brûler d'amour vous...
- Je s
ais, mon enfant. L'Ambre Sacrée à eu le même effet sur moi.
- Non, je refuse de croire qu'une vulgaire pierre peut ainsi influer sur les sentiments d'une personne.
Il lui remit la pierre
autours du cou. Je suis désolé pour ce qui vient de ce passer, j'espère que ça ne se reproduira plus... Maintenant, reprenons. »
Sh
ii se dirigea vers le toit et se baissa tellemt que Ambre hurla, de peur de le voir tomber, mais remonta bientôt sur la tour, un bout d'os entre les mains. Il sourit et cuchotta à Ambre qu'il ne fallait pas s'inquiètait pour lui, il savait ce qu'il faisait. Puis il souffal dans le bout d'os, l'utilisant comme un sifflet. Rien ne se produisit, pas même un son, mais le jeune homme avait l'air si confiant que la souveraine n'osa poser aucune question. Un vent irrégulier se leva dans les instnts suivants. Si violent qu'Ambre, angoissée, confia à Shii sa terreur. Mais au lieu de la réconforter, il explosa de rire. Fâchée, Ambre lui demanda sèchement pourquoi il se moquait ainsi d'elle. Il s'excusa avant de désigner une forme noire dans le ciel.
«
Ce n'est pas un vent violent, mon amour... C'est ma mère. Le dernier des Douze, comme on la nomme le plus souvent.
- Le dernier des Dou
ze ?
- Oui, Souveraine des humains
! La dernière des Douze, Heliya : maîtresse du vent et du feu, de la terre et de l'eau, pour vous servir. »
La voix avait ré
sonné dans son esprit, claire, garve et soumise. Ambre n'y croyait à peine. La dernière de tous les Dragons du monde s'était soumise à elle, lui offrant sa protection, son aide et son affection la plus profonde.


un chapitre court mais un article très long^^
dîtes ce que vous en pensez...

# Posté le lundi 25 février 2008 10:43

Modifié le mardi 26 février 2008 08:05

Chapitre 9 : l'éclat de l'ambre (partie 1)

Chapitre 9 : l'éclat de l'ambre (partie 1)
Heliya était sans conteste la plus belle créature qu'Ambre n'avait jamais vu. Son regard cobalt transpirait d'intelligence et de sagesse. La blancheur de ses ailes sous la lune repoussait les ténèbres. Son corps fin et musclé, recouvert de milliers d'écailles immaculées, resplendissait sous la lumière nocturne d'une lueur mystérieuse, dont les délicates nuances oscillaient de l'opaline à l'indigo. Ses membres épais aux griffes acérées, son impressionnante mâchoire, ses crocs aiguisés, tout en elle inspirait respect, admiration et méfiance. Elle était majestueuse, ma digne représentante de son espèce aux yeux de la souveraine. Elle semblait à la fois si proche et si différente de la vision que portait les Humains envers les siens. Elle n'était que puissance et pouvoir, mais elle n'était ni cruelle, ni sanguinaire et, bien moins animale que la plupart des Hommes. Elle était tout bonnement divine. Elle représentait l'aide inespérée qu'avait toujours attendue Ambre. Elle était le dernier des Douze, son unique chance. De toutes les légendes qu'elle avait un jour entendues, celle des Douze était la seule dont la souveraine avait espéré la véracité.
Se
lon cette légende, douze Dragons avaient élu domicile sur un des continents de leur monde. Ils avaient reçu à leur naissance la maîtrise de nombreux pouvoirs : celui du feu, comme leurs semblables, mais bien d'autres encore. Certains de leur espèce, bien trop effrayés par ce don de la Nature, virent en ces enfants ceux qui les mèneraient à leur perte. Ainsi leur éducation de base terminée, lorsqu'ils furent capable de se nourrir seuls, ils furent contraints de s'exiler, loin de leur terre natale. Ils se réfugièrent sur une grande île, au coeur d'un océan sans limite : l'île des Douze. Ils y vécurent quelques temps, mais bientôt, il n'y eu plus aucune nourriture. Affamés, ils réunirent leur pouvoirs, créant le Continent de Sylësia. Après avoir mis au monde les animaux et les plantes, ils conçurent toutes les créatures qui le peuplent encore aujourd'hui. Les premiers furent les Elfes et leurs parfaits opposés : les Démons. L'immortalité leur fut offerte. Les Douze et leurs enfants vivaient en harmonie de longs siècles durant. Mais la guerre éclata. Les Démons et les Elfes luttèrent pendant des millénaires, sans jamais faiblir. Lassés de cette infinie bataille, les Dragons firent cesser le combat. Mais Les deux races étaient colériques et détestaient perdre. Elles ne se laissèrent pas faire. La moitié des Douze périrent. Fous de rage, leurs frères firent trembler la terre de leur magie, faisant souffrir les deux peuples ennemis. Pour se venger, ils en tuèrent un grand nombre et, ôtèrent aux survivants la possibilité de reconstituer un peuple aussi nombreux qu'avant la guerre. Les naissances devinrent rares parmi les deux peuples. De plus, les Six restants entreprirent de dresser une véritable barrière entre eux, une chaîne montagneuse terrifiante et quasi-infranchissable : les Maudites. Ils inventèrent également un moyen de toujours contrôler ces peuples instables. Durant des siècles et des siècles, alors qu'Elfes et Démons s'efforçaient de reconstituer leur race, chacun des Six fabriqua une pierre de pouvoir. Leur oeuvre s'acheva sur la conception d'une pierre maîtresse, invincible, ultime. Ils chantèrent d'une unique voix et invoquèrent leurs pouvoirs à l'aide de leurs pierres. Cette conception s'étala sur de nombreuses années, des années où le temps s'arrêta sur l'île des Douze. La puissance de leur chant modifia son relief et, à l'endroit précis où les Dragons achevaient leur art, une montagne naquit. Lorsque la dernière pierre fut créée, les Six érigèrent un magnifique palais au sommet de cette montagne pour abriter leur trésor. Mais un jour vint où les pierres furent dérobées. On ignore qui était le voleur, ainsi comment il a réussi cet exploit ; cependant, trois-cents ans plus tard, ces quelques joyaux ornaient le bâton d'un sorcier démon. La fureur avait alors envahit le coeur des derniers Dragons. Selon cette même légende, Le sorcier les auraient tous détruits, alors que seul un des leurs serait capable de détruire une des pierres sacrées.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 15:14

Chapitre 9 : L'éclat de l'Ambre (deuxième partie)

Chapitre 9 : L'éclat de l'Ambre (deuxième partie)
Mais Heliya était vivante ; elle représentait donc l'Espoir d'une victoire sur une nouvelle armée de Démons. L'armée de Delecar dont le vent charriait déjà l'odeur putride. Elle et l'Elue étaient les seules à pouvoir sauver une nouvelle fois le monde des Douze de ses horribles rejettons.
« Tu m'a
s l'air bien préoccupée, souveraine des humains. Que t'arrive-t-il ?
- Oh, rien Hel
iya. Je repense à d'antiques légendes.
- Tou
te légende naît d'une vérité.
- Peut-êt
re. Dans ce cas, peux tu m'assurer que tes pouvoirs puissent détruire la Stënaca ?
-
Nous étions six. J'étais peut-être la plus puissante, mais pas aussi forte que six Dragons réunis.
- Donc tu ne
peux pas la détruire?
- Non, mais je
peux briser chacune des six autres pierres, la rendant ainsi inutilisable et sans interêt.
- Sais-t
u où ces pierres son cachées ?
-
Si je le savais, jeune reine, elles ne seraient jamais plus qu'anciens souvenirs.
-
Connais-tu quelqu'un qui saurait où elle sont ou qui pourrait le découvrir ?
- Je
ne la connais pas encore, mais elle a en elle le pouvoir de toutes les dénicher. Tu la connais aussi, c'est ta fille.
- Je m'en dout
ais, mais il serait préférable que je ne la rencontre jamais. Qu'en penses-tu ?
- Je
suis de ton avis, mais de toute façon, elle te retrouvera. Ce n'est qu'une question de temps, elle sais déjà où est son père.
-
Comment le sais-tu, Heliya ?
- N'oubl
ies pas que je suis la mère de toute chose. Des Oracles notament, et des Vekstians...
- Qu'
ont à voir les Vekstians là-dedans ?
- Rie
n, mais tout à la fois...
- Je n'
en saurai pas plus, non ?
- Eff
ectivement. Ceci ne te regarde en rien.
- J
e comprends. Mais je le découvrirai, d'une façon où d'une autre.
- J'appréc
ie ta détermination. Mais il te faudra plus pour espérer détruire Delecar.
- Ne t'e
n fais pas pour ça , je le connais sur le bout des doigts : je suis pareille.
- Je
n'en ai jamais douté. Mais nous devrions quitter cette tour. J'entends déjà ces sales chiens brailler en bas de l'escalier.
- J'avais
failli les oublier. Déclara Ambre avec ironie. Mais comment pourrons-nous fuir, la seule issue étant leur ?
- Oh,
tu te trompes ! Ne vois-tu pas au-dessus de toi la plus grande porte qui puisse exister ? Cette fois, ce fut Shii qui répondit.
- As-tu déjà volé ? »
L'estomac d'Ambre se retournait dans chaque virage. Les yeux fermés, le visage préssé contre le dos de Shii, les bras autours de sa taille, elle n'apprécia en rien le voyage. Elle avait le sentiment de commettre un acte contre-nature. Sa race n'avait pas été faite pour voyager à travers les cieux ! Mais bientôt les battements d'ailes cessèrent et, un atterissage douloureux vint mettre fin à son supplice. Tous ses membres crispés au cours du long vol la faisaient souffrir. Ambre ne sentait ni ses mains, ni ses pieds ; elle pouvait à peine tenir debout. Ses pas s'emboitèrent cependant dans ceux de ses compagnons, la guidant dans les entrailles de la terre, la caverne de la dernière des Douze. La cavité était plongée dans le noir le plus complet, mais Ambre y voyait comme en plein jour; c'était bien le seul avantage qu'elle trouvait à appartenir à la race maléfique des Démons. Sous le regard attendrit de Shii, elle se blottit dans un coin, sur un lit de paille et, sombra dans un profond sommeil.


C'était une nuit sans lune. Ressemblant à toutes celles qu'elle avait connues. Emmitouflée dans une longue cape de voyage, la jeune fille protégeait son visage d'un vent hurlant à lui glacer les sangs. C'était seulement la fin de l'été, mais déjà la tombait à gros flocons. Il en allait toujours ainsi de ce côté des Maudites. Malgré le brouillard et sa solitude, la jeune fille avait conscience que ce jour serait à jamais le plus beau de toute sa vie. Il représentait le jour où elle avait pris sa liberté, s'échappant de sa prison d'or et de cristal ; le jour de sa revanche sur le destin. De toujours, elle avait détesté le palais, ses domestiques, le peuple, même, le pays entier ! La misère à peine camouflée dans laquelle vivait les gens la désespérait ; le luxe que s'offrait leur empereur l'exaspérait. Mais cette nuit là, la petite flamme qui sommeillait depuis longtemps au creux de sa conscience avait envahi son esprit et, les idées plus claires que jamais, la jeune fille avait laissé derrière elle sa destinée. Elle n'était plus ni l'héritière du trône des démons, ni le second Oracle Démoniaque, elle était seulement perdue dans le dédale des rues de Horlar. Elle se frayait tant bien que mal dans la forêt de mains rachitiques qui l'assaillaient de toute part, courant sans cesse, ne sachant où aller. Soudain elle entendit des cris, ses cris... Ils l'avaient rattrapée. Comment avait-elle pu être aussi idiote ! Du liquide chaud et poisseux coulait le long de ses joues, du sang. Ses jambes étaient faibles. Sa vue s'embuait de larmes. La douleur la saisi à la gorge. Parmi des milliers de chuchotements, elle ne comprenait plus. Le plus lentement du monde, elle s'écroula, s'en était fini d'elle.

# Posté le dimanche 16 mars 2008 14:22

Chapitre 9 : L'éclat de l'Ambre (fin)

Chapitre 9 : L'éclat de l'Ambre (fin)
Des cauchemars, encore et toujours. Les mêmes depuis des années. Ambre ne cessait de revoir en songe son horrible évasion. À la fois le meilleur et le pire jour de sa triste existance. Celui où elle avait pris sa vie en main, envers et contre tout. Celui où elle avait découvert les terribles pouvoirs de l'Ambre... Jamais, si elle n'eu connu les travaux de son père, elle n'aurait cru les fabulations qu'on lui avait dîtes ce soir là, après l'avoir sauvée de la foule de mendiants. Qui aurait pu croire qu'un simple caillou puisse influer ainsi sur le comportements des autres ? Tous ceux qui connaissaient réellement le but de leur création, les vrais initiés, les Prophètes comme ils se s'étaient auto-proclamés. Mais peu importait, Ambre le savait, elle ne pourrait jamais se débarrasser de ces mauvais rêves, ils faisaient partie d'elle. Ils étaient comme son ombre ; où elle allait, ils la suivaient.
Elle avai
t bien d'autres souvenirs en tête pour se soucier d'un passé irrémédiablement révolu. Deux yeux, grands et bleus comme un ciel sans nuage, ne se délogeaient plus de ses pensées. Était-ce de la culpabilité ? Ou simplement de l'inquiétude ? Nul n'aurait su le dire, et pourtant... « Cette jeune fille est alors la plus importante du monde ! » et, que c'était vrai ! L'Elue ! Mais personne à part elle ne devait le savoir. On l'avait trop souvent trahie pour qu'elle puisse de nouveau accorder sa confiance. Un sentiment qu'elle n'avait plus éprouvé depuis longtemps se repandit dans sa
poitrin
e : de la fierté. Elle était fière de la chair de sa chair, de sauveuse... Mais cette pauvre enfant avait-elle seulement une idée de sa destinée, savait-elle ô combien le monde avait besoin d'elle ? Des larmes roulèrent sur ces joues, brillantes comme des étoiles au clair de lune. Cette fois-ci, c'était certain, elle se sentait coupable, indigne d'avoir porté l'enfant le plus important au monde. Mais Ambre ne pouvait pas rattraper ses erreurs. Si sa fille connaissait déjà son père, comme l'avait laissé entendre Helyia, elle ne devait avoir découvert qu'une minuscule partie de la vérité : son abandon. Il était normal qu'elle haïssent sa mère de toute son âme.
« Pourquo
i, pleure-tu, souveraine des humains ?
- Ah, Helyia. Je ne t'avais pas vue, tapie dans l'ombre.
- Tu n'as pas répondu à ma question, Démone.
- Ne
m'appelle pas comme ça, Dragonne. J'ai renié mes origines il y a déjà bien longtemps. Je n'appartient plus à cette race !
- Le sang a ses propres lois, Princesse Ambre. Ton esprit a peut-être oublié ta vraie nature, mais ton instinct est bien celui des Démons. Pourquoi pleure-tu ?
- Je ne suis
pas un animal, je ne vis pas d'instinct.
- Tu es n'es rie
n de plus qu'un animal, je le sais, j'ai contribué à créer les tiens. Mais vas-tu encore enviter longtemps ma question ?
- Je me
sens coupable. Sanglota Ambre. Je... Je... Elle renifla bruyament. Je ne trouve plus mes mots.
- C'e
st bien dommage. Dis-moi, souveraine des humains, c'est une bien jolie babiole que tu porte autours du cou. Où l'as-tu dénichée ?
- Si tu veux, je te la rends. C'est ta pierre ?
- Non,
la mienne est en sûreté. Dans un endroit où personne ne pourra jamais la trouver.
- Tu ne me diras donc pas où elle est.
-
Certainement pas, car associée à celle que tu porte autours du cou et, dans des mains inexpérimentées, elle ferait presque autant de dégâts que la Stënaca elle-même.
- Je
vois... Tu as donc créé l'Améthiste.
-
Oui, la pierre, qui, unie à l'Ambre, donne le pouvoir de maîtriser l'amour et la colère des hommes.
- L'a
mour et la colère, tu dis ? Ambre sourit ironiquement. Helyia, je crois que je sais tu as caché ta fameuse pierre. Au fait, Shii dort toujours ? »
La Dragonne
lui addressa un regard noir et dédaigna sa question. Ambre sourit, l'air moqueur. Les rayons du Soleil commençait à atteindre le fond de la caverne, dansant sur la pierre couleur or qui pendait du cou de la princesse, jouant avec l'éclat de l'Ambre.

# Posté le dimanche 16 mars 2008 14:32

Chapitre 10 : Quelques soubresauts

Chapitre 10 : Quelques soubresauts
Vraren semblait agoniser. Comme ensevelie sous un brouillard éternel, la petite ville transpirait la mort, depuis qu'un régiment entier de la Garde du roi l'avait encerclée. Les villageois rendaient l'âme, les uns après les autres. Sans même combattre leurs assaillants, hommes, femmes, veilliards et enfants s'écroulaient, face contre terre, le corps couverts de pustules noires et les yeux larmoyants. Cette peste magique avait, dès son apparition, effrayé les braves de ces grosses brutes de guerriers. Leur capitaine, récemment nommée, ne s'en inquiétait pas, au début du moins. Les jours passaient et des nouvelles terrifiantes étaient déclarées sous sa tente. Les Vrareniens n'étaient plus les seules victimes du terrible mal, de nombreux cadavres des leurs avaient été retrouvés par quelques soldats arpentant les tristes rue du village.
Apprenant c
ette nouvelle, la jeune capitaine secoua anxieusement la tête. Ses yeux marron, aussi ardents et perçants qu'une flèche enflammée, auraient percé le messager s'ils avaient pu. Saisissant de ses petits doigts boudinés la fine tresse blonde qui pendouillait jusqu'à sa poitrine, elle plaça la pointe de ses cheveux juste devant ses yeux, comme elle le faisait souvent en réfléchissant. Elle ne regrettait pas une seule seconde d'avoir dû sacrifier tout le reste de son abondante chevelure pour entrer dans les faveurs du roi, enfin presque. Dans un élan de bonté, il lui avait permis de garder un carré court, qu'il avait lui-même coupé. La femme pensait que le roi l'aimait bien. Peut-être qu'en résolvant cette énigme et en lui rapportant la jeune fille rousse, elle pourrait devenir sa maîtresse. C'était sa plus grande ambition depuis qu'elle avait intégré la milice, elle pensait désormais avoir atteint un niveau social suffisant. Mais pour pouvoir partager le lit du roi, il fallait le mériter. Cette récompense, elle ferait tout pour l'obtenir. Non, d'une manière ou d'une autre, elle l'obtiendrait.
Elle détacha ses yeux de la
tresse, puis se leva. Une nouvelle fois, elle fixa le colporteur de mauvaises nouvelles. Elle leva le fouet qu'elle avait en permanence sur elle, mais au lieu de l'abattre sur le dos que le jeune homme lui présentait, elle l'envoya à l'autre bout de la tente. Elle soupira fortement devant le regard ahuri de son soldat.
« Croyais
-tu que j'étais cruelle au point de punir un pauvre innocent ?
- N
on, Dame Olléa.
- Alors, pourquoi
te comportes-tu ainsi ?
- C'est p
arce que j'ai peur de vous. Seule Sa Majesté elle-même serait plus puissante que vous.
- Je te reme
rcie du respect que tu me portes.
- Pour vous, je ferais tout, Dam
e Olléa.
- Dans ce cas, j'ai une m
ission pour toi. Si tu réussis, tu auras une récompense. Susura la capitaine, séductrice. Le jeune homme sourit de sa bonne fortune, s'humidifiant les lèvres.
- Que
l genre de mission, Dame Olléa ? »

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:34