Chapitre 10 : Quelques subresauts (fin)

Chapitre 10 : Quelques subresauts (fin)
Dvain sortit de la tente, souriant de toutes ses dents. sa mission était si simple, si facile et puis, Dame Olléa était quand même plutôt jolie. Il quitta le campement à pas feutrés. La plupart des autres soldats, saouls, ne l'avaient pas vu passer et, les sentinelles dormaient. Se dirigeant vers le petit village, la terreur commença à l'envahir. Ramener le corps de ses frères d'armes morts était aisé, mais il ignorait si l'affreux mal était contagieux. Il redoutait de mourir à son tour, à cause de sa lubricité. Mais il était trop tard. Désormais, soit il obéissait et avait sa récompense, soit il mourrait pendu haut et court pour trahison, après avoir écopé de centaines de coup de fouets.
Vraren était barricadé, mais les hautes portes de bois étaient grandes ouvertes, presque accueillantes. « Les portes de l'Enfer » dit Dvain pour lui même. Il avançait doucement, cherchant les cadavres au hasard des rues. Alors que l'odeur et l'omniprésence de la mort lui retournait les entrailles, le jeune soldat vit scintiller le métal d'une armure à travers l'infernale brume. Dvain mit un foulard devant son visage et enleva sa tunique, malgré le froid. Il la déchira et enroula ses deux bras avec le tissu sombre avant de tirer le corps par les poignets. Encore une fois, Dvain remercia le ciel de lui avoir accorder un peu d'intelligence. Agissant ainsi, il ne prenait pas beaucoup de risques.
Rapidement, il fut de retour au campement. Les sentinelles ronflaient encore bruyamment, les soldats cuvaient tranquillement leur vin, aucun ne viendrait lui chercher de noises, même s'il transportait un de ces « maudits cadavres », comme ils disaient. Bientôt, il fut devant Dame Olléa. Penchée au-dessus du corps, elle étudia minutieusement le pauvre homme. Au bout d'une heure, elle leva les yeux vers Dvain. Ils étaient rouges à force de concentration. Sur son front, des perles de sueurs froides montraient plus son horreur que le reflet vide de son regard. Sa respiration était rapide, un peu trop. Une veine battait à sa tempe. Tout en elle montrait la peur, l'angoisse qu'elle éprouvait. Si les sons n'avaient pas été bloqués au fond de sa gorge, elle aurait sans doute crier. Avec un effort surhumain, elle déclara d'une voix tremblante, à peine perceptible:
« Je t'en supplie, débarrasse moi de ça...
- Bien sûr, Dame Olléa. »
Le jeune soldat saisi une nouvelle fois le cadavre et le traîna jusqu'au Pic. Là, il le jeta du haut de la falaise, le laissant s'engouffrer violemment dans la froide noirceur des déferlantes. Sans même une pensée pour le pauvre homme, Dvain retourna dans la tente d'Olléa. Quand il fit irruption, la jeune femme blonde pleurait à chaudes larmes. Ses petits yeux verts ne montraient plus qu'une extrême tristesse, celle d'un rêve brisé. Le jeune soldat défit son armure et la prit dans ses bras.
« Tu es venu chercher ta récompense ? Olléa renifla.
- Je ne sais que vous répondre, Dame Olléa.
- Tu aurais raison, après tout je te l'ai promis. Tu as bien travaillé, même si les découvertes que j'ai faites ne m'apprennent rien de bon. Tu l'as mérité et, au final je pense en avoir envie. Tu ressembles tellement au roi. Je sais, c'est un blasphème, mais c'est la vérité. Vous avez tous deux ce visage fin et ces yeux si bleus, ces épaules larges et ces longues et puissantes jambes.
- Je ne suis pas le roi, mais je vous offrirai tout ce que je peux vous donner, Olléa. »

Olléa se réveilla, nue aux côtés de Dvain. La ressemblance avec le souverain était réellement marquante. Qu'il soit un de ses bâtards ne l'auraient pas étonnée. La capitaine lui caressa tendrement la joue. Elle lui devait bien ça, grâce à lui, elle s'était sentie tellement moins seule. Mais elle devait maintenant se consacrer à autre chose que ses petites histoires de coeur. La maladie qui frappait maintenant ses hommes était d'origine magique, il n'y avait aucun doute. Les marques noires étaient trop parfaites, les yeux étaient tellement voilés et, ce sourire si marquant sur les lèvres du soldat mort. Comme si l'évidence l'avait soudain touché. C'était un véritable mystère, qu'elle ne saurait résoudre sans l'aide d'un oracle. Le lendemain, ils lèveraient le camp et iraient chercher la sale petite gamine. Elle avait le pouvoir d'après le roi et, il ne pouvait qu'avoir raison. Vraren était mort, ils pouvaient bien l'abandonner quelques temps, afin de mieux le retrouver dans quelques semaines. Elle devait organiser tous les préparatifs d'un départ imminent, la journée serait vraiment longue.

Quelques soubresauts, Vraren renaissait, comme chaque matin. Chacun se levait, sauf les malheureux soldats morts de froid dans la nuit. Vérala avait accumulé un véritable stock de potions en tout genre qui s'étaient révélées indispensables pour le stratagème des villageois, aussi bien pour la brume artificielle que pour leur prétendue maladie. Les Vrareniens se droguait la nuit entière avec une mixture particulière, un somnifère puissant qui les faisaient passer pour mort le soir venu. Les marques noires n'étaient rien de plus qu'une encre magique qui ne disparaissait qu'avec de l'eau salée. Tout fonctionnait à merveille. Les soldats étaient tués les uns après les autres, empoisonnés. Désormais, la terreur chez l'ennemi était telle que la plus grande des offensive les frapperait le soir même. Tous les guérisseurs s'étaient enfermés dans une cave, depuis des semaines, ils mettaient au point un poison. Il avait la couleur, l'odeur et enfin le goût du vin, mais quiconque en buvait succombait dans les dix secondes, marqué de tâches noires. Chacun des villageois savait qu'un corps avait été dérobé, ils les comptaient. Ils en avaient déduit que les soldats quitteraient le village dès le lendemain. Il fallait donc agir vite. Bientôt le poison fut prêt, il ne manquait plus que la nuit tombe.
Et le soleil se coucha dans un de ces magnifiques dégradés de rouge. Deux guérisseurs vêtus d'armures de la garde Royale quittèrent le village sans bruit. L'opération ultime du plan commença. Il n'y aurait plus aucun soldat pour en témoigner le lendemain.

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:47

Modifié le dimanche 30 mars 2008 10:12

Chapitre 11 : l'enfant chérie des Elfes

Chapitre 11 : l'enfant chérie des Elfes
Des voix couvraient le bruit des flèches, filant vers le camp à travers le ciel noir. Des chants que Lybaëlle aurait reconnus entre tous, même si elle ne les avait jamais entendus ; les chants de guerre elfiques. Une violence et une fureur insoupçonnée s'élevait dans l'obscurité, si bien que les frissons de la peur envahirent la jeune fille, sa guérisseuse et Francis. Lentement, des ombres se glissèrent gracieusement jusqu'à les encercler, l'argent de leurs dagues reflétant les rayons de la lune. Un des Elfes, leva bien haut une main, puis avança jusqu'au centre du cercle. De longues boucles de jais s'échappaient joliment de sa capuche, bientôt son visage blanc scruta celui de la jeune oracle. Un sourire imperceptible étira ses lèvres presque rouges et ses grands yeux d'émeraude se plongèrent dans le bleu profond de ceux de la jeune fille. Doucement, la superbe Elfe souffla « Ciëo, Lybaëlle... » avant de faire signe à ses guerriers de continuer leur chemin. Elle resta encore un instant devant l'adolescente et la regarda d'un air triste. Lybaëlle ne savait que faire, face à cette inconnue qui semblait si bien la connaître, mais alors qu'elle allait enfin oser lui adresser la parole, la magnifique immortelle se fondit dans les ténèbres, à la suite des siens.
Le comba
t était engagé, rapide et fatal. Les Elfes se frayait facilement au travers de la foule de soldats à moitié endormis. Les assaillis avaient à peine le temps de se rendre compte de leur mauvaise fortune, que déjà, ils mordaient la poussière. Evaëlle menait parfaitement les siens. Tout avait été planifié, les guerriers sylvestres semblaient danser, enchaînant arabesques et bottes imparables. La jeune princesse était sans doute la plus efficace d'entre tous, sans doute parce qu'elle savait qu'elle mourrait lorsque son heure serait venue, mais aussi la plus belle. Au loin, Lybaëlle voyait le reflet du soleil levant embrasant sa chevelure noire. Une dernière fois, elle tourna sur elle-même et, une épée courte tenue à deux mains, elle faucha la vie des deux derniers soldats ennemis. Elle essuya son arme, sans même un regard sur les corps des Humains qu'elle venait d'abattre. Meurtrie, elle tomba dans les bras d'un de ses congénères. Se séparant tendrement de lui, elle se retourna vers Lybaëlle, des larmes s'écoulant librement sur ses joues roses.
« Excuse-moi, chère enfant
, mais c'est la première fois que je tue. La jeune fille avait du mal à la croire après avoir admiré ses prouesses une épée à la main. Je ne me suis pas présentée, je suis Evaëlle, princesse des Elfes. Je t'attendais depuis longtemps, Lybaëlle, nous t'attendions tous ».
La femme se fendit dans une super
be révérence avant de doucement s'approcher de l'intéressée et de lui déposer un baiser sur le front. Lybaëlle s'empourpra et lui rendit son baiser. Cet acte montrait qu'Evaëlle accueillait la jeune oracle parmi les siens, mieux encore, au sein de sa propre famille. Et Lybaëlle avait accepté avec honneur cette adoption. La princesse saisit un Elfe par la manche et le tira à ses côtés. La jeune fille reconnu celui dans les bras duquel elle avait vu sa nouvelle soeur blottie, quelques minutes auparavant.
« C
'est Roamil, mon élu. Il est désormais ton frère. » Lybaëlle répéta le rituel avec le jeune homme. Il était grand et très beau. Il avait les traits encore plus fins et noble que ceux de sa race, ses cheveux bruns, plus clairs que ceux d'Evaëlle étaient ébouriffés et avaient l'air indomptables. Mais le plus frappant, c'était ses yeux. Ils étaient d'un bleu si clair qu'il tirait sur le gris, révélant force, détermination et intelligence. Cependant, devant son bonheur apparent, ils cachaient une profonde tristesse, à la quelle Lybaëlle ne pouvait que compatir, car cette étrange lueur était celle de l'impuissance. Troublé que la jeune fille plonge ainsi son regard dans le sien, Roamil détourna les yeux et sourit à son élue.
« C'est bi
en la première fois que le regard d'une autre femme que toi me déstabilise ainsi, mon amour.
- Je suis navrée, s'e
xcusa Lybaëlle. Vos yeux sont tellement captivants.
- Je
te comprends, ma soeur, fit la princesse, ils m'ont fait la même impression la première fois que je les ai vus. »

# Posté le lundi 24 mars 2008 14:11

Chapitre 11 : L'enfant chérie des Elfes (suite)

Chapitre 11 : L'enfant chérie des Elfes (suite)
Le jeune homme lui souria amoureusement, avec cette petite étincelle triste, qui parlait tant à Lybaëlle, dans le regard. En réponse, Evlle lui caressa tendrement la joue. Avant de prendre la main de sa nouvelle soeur et de la tier devant tous les guerriers Elfes réunis.
Ils étaient beaux, grands et forts à en faire pâlir Francis de jalousie. Chacun vaquait à ses occupations. Nettoyant, polissant leurs dagues ou recousant leurs tuniques de combat, les Elfes ne se souciaient guère de leur supérieure. La princesse leva le bras , toussotant. D'un coup, tous les chuchotements se turent. Une cinquantaine d'yeux en amande se posèrent sur Evaëlle et sa jeune compagne. Puis ils virent les deux autres humains et, contemplant celui en uniforme, les murmures reprirent, l'expression joyeuse de victoire qui ornait auparavant leurs visages sétait envolée, en un instant. Evaëlle, furieuse de ce comportement, toussota une nouvelle fois. Agacés, les guerriers se tournèrent vers elle.
« Vous êtes une bande de rustres ! Gronda-t-elle. Surpris, les Elfes n'osèrent répliquer. J'étais venue vous présenter la soeur que je viens d'accueillir au sein de la famille royale, Mais il semblerait que vous ne méritiez pas cet honneur.
- Nous
sommes navrés, Evaëlle. S'indigna un des malpolis. Nous nous sentons trahis par la présence de ces deux humains. Nous savions déjà que votre soeur était celle que nous chérissions tous déjà des siècles avant sa naissance.
- Ces
humains l'accompagnent, ils sont ses amis. Donc ceux de notre peuple, les miens, les votres.
- Je m'
en excuse dans ce cas auprès de Lybaëlle et de la part de nous tous. Continua l'Elfe.
-
Je vous en remercie, nobles guerriers. Déclara la jeune fille. Mais sachez que nous sommes vos éternels débiteurs, car vous nous avez libérés du joug de ces soldats dévastateurs. C'est avec la plus grande des fiertés que j'entre dans votre peuple.
- Nous
n'en attendions pas moins de toi, enfant chérie des Elfes. Quant à votre prétendue captivité, je doute que ces malfaiteurs vous laissiez sortir de nuit à votre guise. Elle n'aurait donc pas survécu à votre petite escapade nocturne... Fit un autre.
- Vou
s êtes vraiment perspicace. Plaisanta Lybaëlle. Soit, reprit-elle plus sérieuse, mais nous vous devons tout de même beaucoup. Je suis tellement reconnaissante de cet accueil au sein de votre peuple
- Mais t
u y appartenais depuis ta naissance, ma soeur. Être accueillie anisi parmi les tiens n'est pas un privillège. Dit Evaëlle. Et la cérémonie des Retrouvailles n'a pas encore eu lieu.
- La cérémonie des Retr
ouvailles ? Interrogea la jeune fille.
- Tu comprendras en
temps et en heure... Chuchota Vérala. »
La journée passa
rapidement, agréable. Tous les guerriers vinrent se présenter et chacun addressa ses excuses pour leurs comportements du matin. Lybaëlle les observa, se disant que ces créatures étaient les plus belles et les plus nobles qu'elle ait jamais vues. Son coeur s'enfla une nouvelle fois d'honneur et de fierté à l'idée qu'elle faisait partie des leurs. Une petite pensée nostalgique pour ses parents adoptifs fit couler quelques larmes le long de ses joues. Elle espérait de toute son âme que Vahne et Helena allaient bien, comme tout le reste de Vraren. Ses promenades sur le Pic lui manquaient, ses amis aussi, bien qu'elle en avaient peu. Mais sa nouvelle vie était si trépidante, bien qu'elle se serait volontiers passée de chacun de ses problèmes.
De nombr
euses questions s'imposaient à l'esprit de la jeune oracle depuis sa rencontre avec Evaëlle. Comment l'avait-elle reconnue ? Sûrement ses cheveux. D'après Olal, le prince vekstian, les chevelures rousses n'étaient pas monnaie courrante dans le Royaume. Mais ce qui l'intraiguait le plus, c'était ce nom que lui avait donné un des guerriers : l'Enfant chérie des Elfes. Ce devait être un synonyme d'« Elue », mais comment en être sûre, sinon demander. Mais elle savait qu'elle n'oserait pas interroger sa nouvelle soeur. Tout en la princesse la tétanisait. Si grande, si noble, si belle, tellement admirée de tous, tellement autoritaire, Evaëlle ferait une dirigeante idéale le jour où cette fonction viendrait peser sur ses épaules. Lybaëlle se sentait petite à côté d'elle. La jeune fille découvrirait ces réponses seule, elle ne voyait pas d'autre solution, pour l'instant.

# Posté le dimanche 30 mars 2008 09:52

Modifié le dimanche 30 mars 2008 10:12

Chapitre 11 : l'enfant chérie des Elfes ( fin )

Chapitre 11 : l'enfant chérie des Elfes ( fin )
Le voyage reprit, en direction de la forêt. Les Elfes étaient infatigables, même les chevaux avaient du mal à suivre leur rythme. La princesse devançait toute la troupe, ouvrant la marche, tandis que Roamil, aux côtés de Lybaëlle, la fermait. L'oracle parla longtemps avec l'élu de sa soeur. Dès les premières secondes, elle avait su qu'il était différent des autres, moins sur de lui. Il portait un regard plus critique vis-à-vis de ceux de sa race. Il avait conscience de leurs forces, mais aussi de leurs faiblesses, ce que nombre d'entre eux refusaient d'apercevoir. Il ressemblait à l'homme parfait, celui dont elle avait toujours rêvé et elle était heureuse que sa soeur l'ait trouvé. Elle essaya de deviner ses sentiments, car cette étrange tristesse qui voilait les yeux du jeune Elfe semblait en totale contradiction avec le bonheur dans lequel il baignait. Malgré de nombreuses tentatives, Lybaëlle ne parvint pas à le faire s'ouvrir, mais une tendre complicité naquit entre eux.
Ap
rès de longs jours d'une marche pénible, une mer d'arbres d'un vert sombre s'offrit enfin à leurs yeux. La grande forêt des Elfes se tenait enfin devant eux, si mystérieuse, si inaccessible, mais tellement proche. Un même sourire illuminait chaque visage ; tous les visages sauf un, celui d'Evaëlle. Un souvenir remontait douloureusement au creuxde sa mémoire : un petite clairière faiblement éclairée rayonnant d'or et de bronze, un visage enfantin, deux grands yeux violets... Elle écrasa la larme qui coulait sur sa joue, se cachant du regard triste de Roamil. Evlle savait ques leur retour à Imlarys, son tour viendrait. Elle n'espérait qu'une chose : que les révélations qui lui seraient faites par Celle-Qui-Voit-Tout ne briseraient pas ce qui restait de son coeur.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 13:15

Modifié le dimanche 13 avril 2008 13:28

Chapitre 12 : Imlarys

Chapitre 12 : Imlarys
Un grand homme, poète de talent a un jour écrit à propos d'Imlarys : « C'est le paradis terrestre, le jardin d'Eden où la beauté siège en grande reine. C'est le plus bel arbre prenant ses racines sur le monde connu et, ses fruits sont les plus colorés et les plus doux au palet. Cette cité est une fleur aux effluves sensuelles, seulement entourée des rustres éphémères que nous sommes. Si chacun de nous en entend un jour parler, rares sont ceux qui ont eu, ont et auront la chance de la comtempler » et, ce malheureux ne l'avait sûrement jamais vue ! Il n'existait aucun mot ayant assez de sens pour décrire la superbe capitale des Elfes.
Après la longue marche forestre de la petite troupe, elle représentait une véritable récompense. Entièrement bâtie dans l'abondante végétation, Imlarys semblait ne faire qu'un avec les bois et c'était peuttre la vérité. Les immenses arbres avaient l'air de s'être sculptés d'eux-mêmes pour former les magnifiques petites maisons qui s'enroulaient autours de leurs énormes troncs. La ville s'élevait aussi en hauteur, les sentiers étaient autant terrestres qu'aéeriens : de nombreux ponts suspandus reliaient les demeures entre-elles ; ils étaient immobiles, comme de véritables routes. Tout était verdoyant, calme, reposant. On se serait cru dans un véritable rêve, un songe alimenté par les milliers de lanternes qui rendait le paysage idyllique. Lybaëlle en avait le souffle coupé, jamais elle ne s'était attendue à pareille merveille. Ses compagnons ne pouvaient s'empêcher d'admirer les sublimes gravures et les merveilleuses ramures des branches. Autours d'eux, les Elfes continuaient leur chemin sans curiosité, sans même adresser un regard aux étrangers. Ils allaient et venaient, flottant sous les yeux ébahis de la jeune fille. Ils se faufillaient d'une démarche si fluide qu'on aurait dit qu'ils volaient juste au-dessus du sol. De longues robes de toutes les couleurs couvraient hommes et femmes presque de la tête aux pieds. De longues et larges manches ne dévoilaient que le bout de leurs doigts. Tous les hommes étaient imberbes et d'une beauté aussi hallucinante que celle des femmes. Chacun portait des cheveux longs de jais, d'or ou d'argent, laissant leurs fines oreilles pointer hors de leur chevelure lisse ou ondulée. Si Dieux avait créé l'Homme à son image, qui donc avait pu donner le jour à ce Beau Peuple ? Les regarder vivre était un véritable délice pour les yeux.
Mais le plus merveilleux se tenait enfin devant eux : le palais royal. C'était la seule construction qui n'appartenait pas directement à la végétation. Oeuvre de magie pure, elle s'y intégrait parfaitement. Le château entier semblait taillé dans une seule émeraude aux myriades de nuances miroitantes, allant du vert d'eau, presque translucide, au vert anglais, gracieusement opaque. La haute porte était faite d'or et de bronze, gravée de simples motifs géométriques. Le hall était plus beau encore. Des fontaines de marbre deversaient une eau limpide, de grandes colones encadraient un couloir si long de le regard finissait par s'y perdre. Au travers de la pierre, on voyait le toit de branches et de feuilles, avec lequel jouait une étrange lumière aux reflets chatoyants. La jeune oracle et ses amis étaient totalement émerveillés par la simple magnifiscience de ce lieu si éloigné de toute réalité naturelle, tout en y étant niché.

# Posté le mardi 22 avril 2008 15:13

Modifié le mardi 22 avril 2008 15:24