Chapitre 12 : Imlarys (suite)

Chapitre 12 : Imlarys (suite)
Evaëlle et Roamil avançaient seuls dans ce véritable dédale, où aucun bruit ne venait troubler la quiétude des lieux. Le palais semblait désert, mais quelques Elfes déambulaient discrètement au hasard des couloirs, à peine distingables. La princesse se dirigeait droit vers la salle des Anciens, celle où le roi siègeait durant ses heures de conseil. Et elles étaient nombreuses. Les Elfes, ces êtres qui avait l'air si calmes, devenaient très virulants lorsque, d'après eux, on leur portait pjudice et, la mission première du souverain était de garantir et de maintenir la paix.
Bient
ôt, ils s'arrêtèrent devant une porte haute et translucide, incruse de gemmes symbolisant des scènes de la justice elfique. Doucement, Evaëlle tourna la poignée et fit signe à son élu de la suivre, silencieusement.
À l'intérieur, Taralion écoutait les doléances d'un groupe d'hommes, distraitement. Alors que le ton d'un des intervenants montait, le roi remarque l'arrivée de sa fille. D'un signe de la main, il fit taire l'homme qui était désormais presque menaçant. Découvrant la présence de la princesse, il s'agenouilla puis quitta la salle, immité par ses compagnons. Avec un grand sourire, le monarque vint embrasser la princesse.
« Ciëo, mon enfant. Tu étais partie sans me prévenir...
- J
e sais père. J'ai fait ce que m'a dicmon instinct. Répondit-elle humblement.
- Je n'en ai jamais douté. Mais peut importe.
- Me
rci père. Je suis ainsi partie, car je savais qui je rencontrerai, accompagnant Roamil et ses guerriers.
- E
t qui as-tu rencontré, mon enfant ?
-
Ma soeur.
- Lybaëlle ? Tu en es sûre.
- A
ussi sûre qu'elle a tes yeux et la flamboyante chevelure d'Ambre. À part ce futile détail, elle te ressemble trait pour trait.
- Sait-
elle que je suis son père ? Demanda Taralion
- Elle le saura dés qu'elle posera les yeux sur toi.
- Alor
s j'irai la voir, c'est le seul moyen.
-
Le seul moyen de quoi, père?
- Q
u'elle me pardonne. Evaëlle, je l'ai abandonné ! Je n'ai pas fait mieux que sa mère...
- Elle comprendra. J'en suis certaine.
-
Comment peux-tu être aussi optimiste ? Je t'envie réellement.
- Tu t'
aperçevras bien vite que j'avais raison, père. » Avec un joli sourire qui se voulait rassurant, elle sortit de la pièce, laissant seuls les deux hommes de sa vie.
Ro
amil et le monarque se connaissaient depuis presque toujours. Malgré sa figure encore juvénile, le jeune Elfe était certainement le meilleur guerrier de toute la cité. Doux comme un agneau dans sa vie de tous les jours, il était aussi impitoyable que les Démons sur un champ de bataille. Ses dons de stratège lui avait valu le titre de général et, tous ceux qui pensaient qu'il le devait à sa relation avec la princesse se trompaient lourdement, s'en rendant parfois compte à leurs dépends.
« Des
pertes ? l'interrogea le roi
- Aucu
ne, Majesté. Quelques bléssés, mais rien de grave, guère plus que des égratinures.
- Co
mbien d'Humains sont morts ?
-
Nous n'avons pas prit le temps de compter les cadavres, Majesté. Mais ils étaient nombreux.
-
Quels gâchis ! Si tous ces hommes pouvaient savoir qui ils combattent vraiment, ils cesseraient d'accomplir les moindres désir d'un faux souverain. Nous devons chercher l'héritier légitime.
- Nou
s savons où il est, Altesse. Mais il y a un détail majeur à régler avant ce problème de filiature.
- Je sais. Tous les matins en me levant, j'entends les cris de ces immondes catures par delà l'océan.
-
Moi aussi. Mais ils ne sont pas encore prêts.
- Il
le seront, tôt ou tard.
- C'e
st pour ça que nous devions retrouver votre fille cadette, Majesté.
-
Oui, l'Elue. Pourquoi a-t-il fallu que cette charge tombe sur ses épaules ? Elle aurait pu mener une existence tranquille. Ici, en Imlarys, à mes côtés... »



# Posté le dimanche 04 mai 2008 14:03

Chapitre 12 : Imlarys (fin)

Chapitre 12 : Imlarys (fin)
Le palais était tellement immense que Lybaëlle n'avait pas quitté ses appartements, de peur de se perdre. Même seule, elle n'avait pas encore prit le temps de s'ennuyer, trop occupée à admirer le luxe de sa suite. La chambre était encore plus grande et encore plus richement décorée que celle de Gildas à la Tour de l'Oracle, en plein Tholgor. On voyait clairement la différence de culture entre les Elfes et les Humains, rien qu'en observant le mobilier. Ici, tout était de bois rares et de pierres précieuses et non d'or et de marbre. Tout semblait chaud est acceuillant, ce n'était pas un étalage de fortune et de pouvoir, comme chez l'Oracle et comme ce devait être chez le roi. Dans cette pièce, on se pensait protégé, c'était douillet. On se sentait bien. Jamais l'ennui n'aurait pu assaillir l'être qui contemple ces murs à demi opaques, caressant du regard les jeux d'ombre et de lumière ; observant la voûte céleste sous le couvert d'un toit de pierre transparente, alongé dans draps de velours... Tout dévoilait un luxe sans superflu, le propre des Elfes.
S'émerveillant sans cesse de la beauté des lieux, la jeune fille ne s'aperçu pas qu'on frappait à sa porte. Le visiteur inatendu frappa de nouveau, attendant, comme s'il avait l'éternité devant lui. Enfin, elle le pria d'entrer. Il était grand. Ses trait fins et délicats était mis en évidence par ses yeux délicieusement bleus. Ses deux oreilles pointaient hors de sa chevelure blonde à l'éclat d'argent. Il incarnait parfaitement le charme et le raffinement elfique selon la jeune oracle et, c'est peut-être pour cette raison, par souci de politesse, qu'elle resta calmement devant Taralion.
« Evaëlle avait dit vrai. Tu me ressembles trait pour trait. Ciëo, mon enfant. »
Lybaëlle ne ré
pondit pas tout de suite, ne sachant que dire. Elle venait de retrouver son père et elle était incapable de prononcer le moindre mot, en dépit des centaines de questions qu'elle avait à lui poser.
« C
iëo, père. Bredouilla-t-elle. Olal avait dit vrai, lorsqu'il m'a dit que vous ne pourriez pas me renier.
- Je n'en a
i jamais eu l'intention, mon enfant.
- A
lors pourquoi m'avoir abandonnée ? S'énerva-t-elle.
- Je suis vraim
ent désolé. Je comprends ta réaction, j'aurais eu la même si j'étais à ta place. Mais peut-être aurais-tu fais la même chose à la mienne. Lybaëlle, je t'ai confiée à des gens de confiance, qui t'ont donné beaucoup d'affection. Des parents qui, à tes yeux, sont les seuls qui n'ont jamais compté. Et tout ça, je l'ai fait parce que je t'aime. Je voulais te mettre à l'abri. À l'abri de ton destin. Car il est funeste, tu le sais. Je ne voulais que ton bonheur et, si je t'ai bléssée, j'en suporterai les conséquences. Me pardonneras-tu d'avoir aimé ma fille, au point de me séparer d'elle pour sa sécuri?
- Oui, je comprends et je v
ous pardonne. Je dois aussi avouer que j'ai longtemps espérer que mes vrais parents soient toujours de ce monde et, qu'ils pensent à moi, au moins de temps en temps.
- Il n'ex
iste pas une seconde, pendant laquelle je n'ai pas pensé à toi, à ton bonheur...
- M
erci. »
Ce fu
t les seuls mots qu'ils purent échanger avant de se tomber dans les bras, se réconfortant l'un l'autre. Comblant le vide qu'ils avaient ressenti durant toutes ces longues années.Après quelques instants qui semblaient infinis, ils se séparèrent. Ils devaient de choses plus importantes que leurs retrouvailles

# Posté le jeudi 08 mai 2008 10:53

Modifié le jeudi 08 mai 2008 13:41

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout
Entre deux révisions (eh ouais, ça arrive le bac ...!!^^) voici la suite. Désolée pour cette attente...^^


Une multitude d'émotions se pressaient dans la tête de la jeune oracle. Jusqu'à ce jour, Lybaëlle avait ignoré qu'il était possible de ressentir tant de choses contradictoires en un même instant. Seule dans sa chambre après le départ de Taralion, elle pleurait aussi bien de bonheur, que de tristesse ou encore, que de désespoir. Ces quelques mots échangés avec son père avaient bouleversé la jeune fille. Pour la première fois de sa vie, elle était sûre de l'amour que lui portait sa véritable famille. Elle voyait maintenant son rituel d'adoption sous un oeil différent. Elle savait que ce geste était bien plus qu'une simple tradition symbolique ; elle comprennait désormais réellement le sens profond de son titre d'Enfant Chérie des Elfes et, grâce à cela, elle rayonnait de joie. Cependant, son ancienne vie lui manquait sincèrement. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Helena et Vahne, à la tendresse avec laquelle ils l'avaient élevée, à leur absence... Elle ne savait plus vraiment où elle en était, son coeur balançait terriblement entre deux peuples et, ce sentiment là était certainement le pire. Lybaëlle ne pouvait plus se remémorer le nombre exact de fois où elle avait nié ses origines elfiques, de fait, il était incalculable ! Peu à peu, elle se rendait compte qu'une vérité qu'elle avait toujours tenue pour fausse se dessinait clairement devant ses yeux, inéluctable... Être celle que le monde entier attendait était un poids trop lourd à porter pour les frêles épaules de la cadette du roi des Elfes. Elle se demandait si ce destin était aussi inévitable que le prétendaient tous ceux qui connaissaient sa véritable identité. Il existait bien peu de moyens de le vérifier mais, outre attendre son accomplissement, elle savait que l'Oracle des Elfes en faisait partie. Un jour ou l'autre, elle devrait aller la voir, chaque enfant des Elfes lui rendait visite tôt ou tard. Lybaëlle s'arrangerait pour que ce jour arrive, pour elle, plus vite qu'il ne l'aurait dû...

# Posté le samedi 31 mai 2008 14:43

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout (suite)

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout (suite)
Assis sous un magnifique chataigner, Evaëlle et Roamil se serraient l'un contre l'autre. Ils contemplaient les lointaines collines vekstiannes, derrière lesquelles le soleil s'endormait en silence. Une légère brise leur caressait doucement le visage, charriant d'agréables odeurs marines. Depuis leur retour en Imlarys, les deux amoureux ne s'étaient pas séparés plus de quelques minutes, conscients qu'ils étaient certainement en train de vivre leurs derniers moments ensemble... Péniblement, Roamil avait cessé de réfléchir aux moyens de contourner un destin qui se présentait comme inévitable. Il préférait vivre pleinement son amour pour la princesse. Depuis toujours, il avait considéré le jour de leur rencontre comme le plus beau de sa vie. Il n'avait jamais aimé et, il avait ignoré jusqu'au sens du mot « amour ». Pourtant, lorsqu'au hasard d'un couloir il avait croisé le regard émeraude de la jeune Elfe, il avait su que son coeur ne lui appartenait plus. Il était resté debout devant elle, osant à peine respirer. Cette réaction stupide avait fait rire Evaëlle, mais ce n'était pas une moquerie. En un seul regard, un tendre complicité était née entre eux, l'ébauche de ce qui deviendrait un amour réciproque et infini...
Tendrem
ent, il écrasa une larme qui roulait sur la joue de sa bien-aimée. Evaëlle le remercia d'un sourire triste. Ses grands yeux verts brillaient d'un regard vide. Elle semblait perdue dans ses pensées, absente. Roamil passa sa main dans les longs cheveux de jais de la princesse. Doucement, il attira vers lui son visage, pressant ses lèvres contre les siennes. Au bout de quelques instants, elle le repoussa gentiment. Son coeur battait à la chamade, le jeune Elfe le sentait contre sa pointrine. À son tour, elle essuya les pleurs de son élu. Encore, elle lui sourit.
« Pr
omets-moi d'être heureux...
- Avec
toi, je suis heureux. Répondit-il détournant les yeux. Il savait que ce n'était pas ce qu'elle attendait.
- Il n'en sera pas toujours
ainsi. Et tu le sais. Alors promets-le moi.
- Je ne pe
ux pas, Evaëlle ! Tu es toute ma vie... Comment pourrai-je être heureux quand la plus belle partie de moi-même ne sera plus ?
- Roamil, je
t'en supplie. Promets-le ! Implora-t-elle
- Je
ne fais jamais de promesses que je ne suis pas sûr de pouvoir tenir, mon amour... Mais l'idée de te savoir dans cet état par ma faute m'est plus insupportable encore... Alors je te le promets, Evaëlle. Je tâcherai d'être heureux.
- Merci. Soupir
a-t-elle.
- Je vais voir l'Oracle demain. Déclara-t-il. Je souhaiterais que tu m'accompagne...
- Je n'
en a pas le droit, mon amour.
- Evaëlle,
excuse-moi d'avoir à agir ainsi, mais... Je viens de te promettre d'être heureux et je ne pourrais l'être que si tu m'accompagne demain. Seulement jusqu'à la clairière, s'il te plais... Elle sourit.
- Du chantage ? Je ne te reconnais plus là, mon coeur. Mais j'estime te devoir au moins ça. Je viendrai.
-
Je t'aime Evaëlle. Plus que tout au monde. Plus que mon âme et... » Il se tut. Il en avait déjà trop dit.

# Posté le lundi 09 juin 2008 17:05

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout ( suite )

Chapitre 13 : Celle-Qui-Voit-Tout ( suite )
Un chemin obscur, s'enfonçant au coeur d'une forêt de craintes et de doutes. Une voie tracée entre désespoir et incertitudes. Une route que beaucoup n'ont jamais osé prendre, qui pourtant débouche sur la connaissance...
Un chemin cl
air et charmant serpentant dans ces bois verts et chaleureux. Une voie baignée de la douceur du chant des oiseaux et des clapotis de l'eau. Une route où rayonne une insouciance peu à peu grandissante...
Un chemin l
ongeant les mauvais souvenirs. Une voie en équilibre entre la Vie et la Mort. Une route commençant envahie de regrets, mais qui se suit par amour, malgré de douloureuses réminiscences...
Des images
qui passaient en boucle dans l'esprit d'Evaëlle, resplendissantes d'irréel. En vérité, ce sentier était un peu des trois. Un lieu où la mélancolie se mêle au ravissement. Mais la princesse n'avaient que faire de ce pâle reflet, seul celui que percevait Roamil lui importait. Et cette vision n'avait rien de désagréable. Elle était celle d'une allée abreuvée d'une lumière délicate, cependant teintée d'un soupçon de culpabilité. Un endroit planté d'arbres majestueux, caressant des branches les nuages, où le simple gazouillis d'une vie sauvage se voulait rassurant.
L
e jeune Elfe serra plus fort la main de sa bien-aimée, conscient du supplice qu'elle endurait à chaque pas. Il était fier de son courage et ému de ce qu'elle faisait pour lui. Il aurait aimé ne pas la forcer à subir cette épreuve, mais il avait peur de ne jamais trouver la bravoure d'aller au devant de son destin sans elle, sans son soutient. Roamil plongea son regard dans celui d'Evaëlle. Il s'étonna encore de la détermination qu'il lisait dans ses yeux. Il contempla ensuite son visage, à la recherche de la moindre la larme. Mais la princesse ne pleurait pas, elle semblait résignée. Comment pouvait-elle encore trouver la force de vivre ?

# Posté le samedi 28 juin 2008 14:06